{"id":76,"date":"2025-11-19T14:08:47","date_gmt":"2025-11-19T11:08:47","guid":{"rendered":"https:\/\/www.theatrefemina.fr\/blog\/?p=76"},"modified":"2025-11-19T14:08:48","modified_gmt":"2025-11-19T11:08:48","slug":"les-grands-metteurs-en-scene-francais-du-xxe-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.theatrefemina.fr\/blog\/les-grands-metteurs-en-scene-francais-du-xxe-siecle\/","title":{"rendered":"Les grands metteurs en sc\u00e8ne fran\u00e7ais du XXe si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00ab Le th\u00e9\u00e2tre, c\u2019est le miroir o\u00f9 l&#8217;homme se regarde, o\u00f9 la soci\u00e9t\u00e9 se montre, o\u00f9 la vie se r\u00e9fl\u00e9chit \u00bb, confiait Victor Hugo. En fait, l\u2019histoire des metteurs en sc\u00e8ne en France commence \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle. C\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que la mise en sc\u00e8ne commence \u00e0 \u00eatre reconnue comme une vraie \u00ab \u0153uvre \u00bb \u00e0 part enti\u00e8re. Le m\u00e9tier semble r\u00e9cent, mais l&#8217;art d\u2019organiser l&#8217;espace sc\u00e9nique traverse les si\u00e8cles. Des chants rituels de la Gr\u00e8ce antique aux pr\u00e9curseurs modernes, chaque \u00e9poque a fa\u00e7onn\u00e9 un ma\u00eetre d\u2019\u0153uvre capable de s&#8217;adapter aux enjeux de son temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce petit guide, nous vous proposons justement de suivre cette \u00e9volution passionnante de l&#8217;espace sc\u00e9nique, un lieu qui influence notre fa\u00e7on de regarder, d\u2019\u00e9couter et m\u00eame de penser le monde. Une travers\u00e9e du paysage th\u00e9\u00e2tral, jusqu\u2019aux grands metteurs en sc\u00e8ne fran\u00e7ais du si\u00e8cle dernier, nous attend.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Dans les coulisses du pass\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est qu\u2019au XIX\u1d49 si\u00e8cle que l\u2019on voit appara\u00eetre la figure moderne du metteur en sc\u00e8ne. En revanche, le th\u00e9\u00e2tre est bien plus ancien. Il date des c\u00e9r\u00e9monies religieuses de la Gr\u00e8ce antique, autour du Ve si\u00e8cle avant J.-C., \u00e0 ciel ouvert, g\u00e9n\u00e9ralement dans le cadre de f\u00eates. Le th\u00e9\u00e2tre fait totalement partie de la vie de la cit\u00e9. Puis, peu \u00e0 peu, l\u2019espace de jeu change de visage. Il se transforme, se ferme, se pr\u00e9cise, se polit\u2026 jusqu\u2019\u00e0 devenir ce lieu pens\u00e9, construit, presque millim\u00e9tr\u00e9, que nous connaissons aujourd\u2019hui, \u00e9paul\u00e9 par la main des metteurs en sc\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le th\u00e9\u00e2tre antique en plein air<\/h3>\n\n\n\n<p>Selon Aristote, le th\u00e9\u00e2tre na\u00eet du dithyrambe, un chant en l\u2019honneur de Dionysos. \u00c0 l\u2019origine, on ne joue donc ni pour la post\u00e9rit\u00e9 ni pour la critique, mais pour un dieu. Tr\u00e8s vite, les Grecs en font un lieu de r\u00e9flexion politique : on y interroge la cit\u00e9, la justice, le pouvoir, le destin.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette vocation se lit dans l\u2019architecture : th\u00e9\u00e2tres en h\u00e9micycle, adoss\u00e9s aux collines, acoustique naturelle qui porte la voix. L\u2019id\u00e9e est simple : chacun doit pouvoir voir et entendre, quelle que soit sa place. Quand les Romains reprennent le mod\u00e8le vers 241 av. J.-C., le th\u00e9\u00e2tre glisse vers le divertissement populaire, int\u00e9gr\u00e9 aux ludi. On y va pour rire, se distraire, se retrouver\u2026 ce qui n\u2019est pas si \u00e9loign\u00e9 de nos soir\u00e9es au spectacle.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les premi\u00e8res \u00ab salles \u00bb de th\u00e9\u00e2tre<\/h3>\n\n\n\n<p>Les Romains introduisent un tournant majeur en construisant des th\u00e9\u00e2tres ferm\u00e9s et durables. Au Ier si\u00e8cle av. J.-C., Pomp\u00e9e fait b\u00e2tir \u00e0 Rome le premier th\u00e9\u00e2tre en pierre. On garde l\u2019h\u00e9micycle, mais on l\u2019optimise : gradins port\u00e9s par des vo\u00fbtes, circulation organis\u00e9e, visibilit\u00e9 travaill\u00e9e. Le th\u00e9\u00e2tre peut d\u00e9sormais s\u2019implanter o\u00f9 on le d\u00e9cide, sans d\u00e9pendre du relief.<\/p>\n\n\n\n<p>Le lieu est th\u00e9oriquement ouvert \u00e0 tous, mais les classes sociales restent s\u00e9par\u00e9es par niveaux. La salle raconte d\u00e9j\u00e0 le monde autant que la pi\u00e8ce qui s\u2019y joue.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Au Moyen \u00c2ge : le th\u00e9\u00e2tre se r\u00e9invente<\/h3>\n\n\n\n<p>Pendant le Moyen \u00c2ge, avec le christianisme, le th\u00e9\u00e2tre est jug\u00e9 suspect, voire immoral. Il quitte les grands \u00e9difices et retourne dans la rue. Mais il ne dispara\u00eet pas.<br>Sur les parvis, dans les rues, sur les places, on dresse des estrades mobiles, des chars, des dispositifs simples mais ing\u00e9nieux. On y joue des sc\u00e8nes inspir\u00e9es de la Bible et de la vie des saints. Des \u00ab mansions \u00bb symbolisent diff\u00e9rents lieux : paradis, enfer, ville, palais.<\/p>\n\n\n\n<p>Le jeu devient simultan\u00e9, les d\u00e9placements sont visibles, guid\u00e9s par un ma\u00eetre du jeu qui coordonne entr\u00e9es, sorties et rythme. On ne parle pas encore de \u00ab metteur en sc\u00e8ne \u00bb, mais quelqu\u2019un tient d\u00e9j\u00e0 les fils. Peu \u00e0 peu, ce th\u00e9\u00e2tre itin\u00e9rant gagne des espaces couverts (salles de jeu de paume, cours, h\u00f4tels particuliers) et pr\u00e9pare le retour \u00e0 des sc\u00e8nes fixes.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La Renaissance : du parvis aux tr\u00e9teaux<\/h3>\n\n\n\n<p>En 1548, l\u2019interdiction des myst\u00e8res marque un tournant : le th\u00e9\u00e2tre religieux recule, les pi\u00e8ces profanes se d\u00e9veloppent, les premi\u00e8res salles permanentes s\u2019installent. Les acteurs veulent \u00eatre pay\u00e9s : il faut des murs, des horaires, des billets. Le th\u00e9\u00e2tre devient un m\u00e9tier, et un rendez-vous r\u00e9gulier.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e2ge classique voit triompher Corneille, Racine, Moli\u00e8re. L\u2019H\u00f4tel de Bourgogne devient la premi\u00e8re grande salle permanente de Paris. En 1637, Richelieu fait construire le th\u00e9\u00e2tre du Palais-Royal, futur foyer de la Com\u00e9die-Fran\u00e7aise. Le th\u00e9\u00e2tre s\u2019institutionnalise, s\u2019ancre dans la ville.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, aucune figure unique de \u00ab metteur en sc\u00e8ne \u00bb n\u2019est encore reconnue. Le spectacle se construit \u00e0 plusieurs : dramaturge, chef de troupe, souffleur\u2026 La direction artistique unifi\u00e9e est encore \u00e0 inventer.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le temps des metteurs en sc\u00e8ne<\/h2>\n\n\n\n<p>La fin du XIX\u1d49 si\u00e8cle change la donne. De nouvelles salles d\u2019avant-garde ouvrent, le cin\u00e9ma appara\u00eet, les go\u00fbts du public \u00e9voluent. On ne peut plus simplement reproduire les formes anciennes.<\/p>\n\n\n\n<p>Des artistes interpr\u00e8tent alors la sc\u00e8ne comme un terrain d\u2019exp\u00e9rimentation : ils d\u00e9placent les d\u00e9cors, repensent la lumi\u00e8re, osent de nouveaux rapports au public.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les fondations d\u2019une r\u00e9volution artistique<\/h3>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir de l\u00e0, le th\u00e9\u00e2tre n\u2019est plus un cadre fig\u00e9. Il devient une mati\u00e8re \u00e0 sculpter. On ne se contente plus d\u2019ajuster des accessoires et de r\u00e9p\u00e9ter des r\u00e9pliques : on invente un monde sc\u00e9nique.<\/p>\n\n\n\n<p>Les metteurs en sc\u00e8ne fran\u00e7ais qui \u00e9mergent alors influencent bien au-del\u00e0 des fronti\u00e8res. Certains deviennent des r\u00e9f\u00e9rences pour toute l\u2019Europe. Cinq d\u2019entre eux, notamment, marquent profond\u00e9ment le XX\u1d49 si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Andr\u00e9 Antoine et le naturalisme th\u00e9\u00e2tral<\/h4>\n\n\n\n<p>Andr\u00e9 Antoine (1858-1943), fondateur du Th\u00e9\u00e2tre-Libre, peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme le p\u00e8re de la mise en sc\u00e8ne moderne. Acteur, r\u00e9alisateur, critique, il d\u00e9fend un principe simple : le th\u00e9\u00e2tre doit ressembler au monde r\u00e9el.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9cors cr\u00e9dibles, gestes naturels, personnages inspir\u00e9s de la vie quotidienne : il observe la rue, les caf\u00e9s, les gens, puis transpose tout cela sur sc\u00e8ne. Entre 1914 et 1922, il r\u00e9alise aussi plusieurs films avec le m\u00eame souci de v\u00e9rit\u00e9. Son travail est aux antipodes des conventions, et pose des bases sur lesquelles beaucoup s\u2019appuieront.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Jacques Copeau et la r\u00e9forme du th\u00e9\u00e2tre<\/h4>\n\n\n\n<p>Jacques Copeau (1879-1949), fondateur du Th\u00e9\u00e2tre du Vieux-Colombier, veut \u00ab faire le m\u00e9nage \u00bb sur sc\u00e8ne. Ainsi, il supprime les d\u00e9cors superflus, simplifie l\u2019espace, refuse les effets faciles. Son \u00ab tr\u00e9teau nu \u00bb redonne toute sa place au texte et au com\u00e9dien.<\/p>\n\n\n\n<p>Il estime que l\u2019acteur doit \u00eatre form\u00e9 dans sa globalit\u00e9 : corps, voix, rythme, imagination, masque, improvisation. Il rejette un th\u00e9\u00e2tre trop d\u00e9coratif, trop satisfait de lui-m\u00eame, et cherche un art plus sobre, plus profond, plus n\u00e9cessaire.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Jean Vilar et le th\u00e9\u00e2tre national populaire<\/h4>\n\n\n\n<p>Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le metteur en sc\u00e8ne Jean Vilar (1912-1971) entend bousculer les codes. Selon lui, le th\u00e9\u00e2tre ne doit plus \u00eatre r\u00e9serv\u00e9 uniquement \u00e0 une \u00e9lite, et doit \u00eatre d\u00e9mocratis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Vilar d\u00e9fend un th\u00e9\u00e2tre populaire exigeant, mais accessible. Ses mises en sc\u00e8ne, qui sont claires et sobres, mettent l\u2019acteur au centre et donnent au texte toute sa force. Beaucoup de ce que nous trouvons \u00ab normal \u00bb aujourd\u2019hui (prix abordables, tourn\u00e9es, publics larges) doit beaucoup \u00e0 cette vision.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Roger Planchon et le th\u00e9\u00e2tre de la cit\u00e9 de Villeurbanne<\/h4>\n\n\n\n<p>Le metteur en sc\u00e8ne, auteur et cin\u00e9aste Roger Planchon (1931-2009) est un symbole fort de la d\u00e9centralisation th\u00e9\u00e2trale.<\/p>\n\n\n\n<p>Planchon propose un th\u00e9\u00e2tre exigeant mais proche des spectateurs. Il monte Moli\u00e8re, Shakespeare, \u00e9crit ses propres pi\u00e8ces, r\u00e9alise des films. Sa mise en sc\u00e8ne de Tartuffe en 1973 est encore cit\u00e9e comme une r\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Antoine Vitez et le th\u00e9\u00e2tre de la difficult\u00e9<\/h4>\n\n\n\n<p>Antoine Vitez (1930-1990), po\u00e8te, acteur, p\u00e9dagogue, imagine un \u00ab th\u00e9\u00e2tre \u00e9litaire pour tous \u00bb. Formule paradoxale en apparence, mais limpide : un th\u00e9\u00e2tre ambitieux, sans exclusion.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Ivry, puis \u00e0 la Com\u00e9die-Fran\u00e7aise, il fait du plateau un espace de recherche. Il encourage la prise de risque, les ruptures de ton, les lectures inattendues. Ses mises en sc\u00e8ne peuvent bousculer, mais elles ouvrent le regard. Vitez parie sur l\u2019intelligence du spectateur et lui donne largement mati\u00e8re \u00e0 penser.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">In fine<\/h2>\n\n\n\n<p>La mise en sc\u00e8ne, telle que nous la concevons aujourd\u2019hui, devient pleinement une \u0153uvre \u00e0 part enti\u00e8re seulement \u00e0 la fin du XIX\u1d49 si\u00e8cle. Le metteur en sc\u00e8ne \u00e9merge lorsqu\u2019il est enfin reconnu comme l\u2019auteur du spectacle. Cela dit, l\u2019art d\u2019organiser l\u2019espace sc\u00e9nique ne date pas d\u2019hier, et son histoire traverse les si\u00e8cles : des rituels antiques aux sc\u00e8nes contemporaines les plus \u00e9pur\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Au XX\u1d49 si\u00e8cle, plusieurs artistes fran\u00e7ais ont pouss\u00e9 cet art \u00e0 une intensit\u00e9 rare, redessinant durablement notre fa\u00e7on de faire (et de vivre) le th\u00e9\u00e2tre. Et quelque part, \u00e0 chaque fois qu\u2019un projecteur s\u2019allume et qu\u2019un rideau se l\u00e8ve, un peu de leur h\u00e9ritage continue de vibrer, discret, derri\u00e8re le souffle des acteurs.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Le th\u00e9\u00e2tre, c\u2019est le miroir o\u00f9 l&#8217;homme se regarde, o\u00f9 la soci\u00e9t\u00e9 se montre, o\u00f9 la vie se r\u00e9fl\u00e9chit \u00bb, confiait Victor Hugo. 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